NOTE M-004 · Second degré

Factoriser un polynôme du second degré : méthodes et interprétation graphique

Cours interactif sur les racines et la factorisation d’un polynôme du second degré, avec discriminant, formes du trinôme et interprétations graphiques.

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Objectifs

À la fin de cette leçon

  • Relier les formes développée, canonique et factorisée d’un trinôme
  • Interpréter graphiquement le sommet, l’axe de symétrie et les racines
  • Factoriser directement un trinôme lorsque sa structure le permet
  • Résoudre une équation du second degré et factoriser à l’aide du discriminant
  • Utiliser la somme et le produit des racines

Dans cette note, nous allons voir dans le détail comment factoriser un polynôme du second degré de façon générale et donner une interprétation graphique de ces résultats. C’est une méthode très importante à bien maîtriser, car elle sera régulièrement utilisée dans d’autres parties du programme en première et en terminale, ainsi que dans le supérieur. Elle permet en particulier de résoudre les équations du second degré, c’est-à-dire d’en trouver les racines, mais aussi d’étudier le signe de la fonction associée.

Pour rappel, une fonction polynôme du second degré PP (souvent appelée trinôme du second degré, car son expression développée comporte trois termes) est définie sur R\mathbb R par :

P(x)=ax2+bx+cP(x)=ax^2+bx+c

où a≠0a\neq 0, et aa, bb et cc sont des coefficients réels fixes.

La courbe représentative d’une fonction polynôme du second degré est une parabole. La plus simple, étudiée en seconde, est la fonction y=x2y=x^2. La forme et la position de la parabole dépendent des valeurs des coefficients aa, bb et cc comme vous pouvez le tester avec le graphique interactif ci-dessous:

FIG. 00 · EXPLORATION

Modifier une parabole

Faites varier les coefficients et observez comment la parabole évolue.

y = x² − 1

Comparaison de deux courbesCourbe de référence y égale x carré et courbe réglable y égale a x carré plus b x plus c. Sommet S(0 ; −1). La courbe coupe l’axe des abscisses en −1 et 1.

Trois formes pour une même parabole

Un même polynôme du second degré peut être écrit sous trois formes. Elles ne donnent pas immédiatement les mêmes informations.

Il n’existe pas toujours de forme factorisée avec des nombres réels. Nous verrons que son existence dépend du nombre d’intersections entre la parabole et l’axe des abscisses.

Passer de la forme développée à la forme canonique

Nous cherchons à réécrire P(x)=ax2+bx+cP(x)=ax^2+bx+c sous la forme :

P(x)=a(x−α)2+β.P(x)=a(x-\alpha)^2+\beta.

Cette écriture est appelée forme canonique. Pour la faire apparaître, on commence par mettre aa en facteur :

P(x)=a(x2+bax+ca).P(x)=a\left(x^2+\frac ba x+\frac ca\right).

Préparer une identité remarquable

On utilise l’identité (u+v)2=u2+2uv+v2(u+v)^2=u^2+2uv+v^2. Dans x2+baxx^2+\frac ba x, on reconnaît les deux premiers termes du carré obtenu avec :

u=xetv=b2a,u=x \qquad\text{et}\qquad v=\frac{b}{2a},

car :

2uv=2×x×b2a=bax.2uv=2\times x\times\frac{b}{2a}=\frac ba x.

Le carré complet contient également le terme v2=b24a2v^2=\frac{b^2}{4a^2}. On l’ajoute puis on le retranche pour ne pas modifier la valeur de l’expression :

x2+bax=x2+bax+b24a2−b24a2=(x+b2a)2−b24a2.\begin{aligned} x^2+\frac ba x &=x^2+\frac ba x+\frac{b^2}{4a^2}-\frac{b^2}{4a^2}\\ &=\left(x+\frac{b}{2a}\right)^2-\frac{b^2}{4a^2}. \end{aligned}

En remplaçant dans P(x)P(x) puis en mettant les deux derniers termes au même dénominateur, on obtient :

P(x)=a[(x+b2a)2−b24a2+ca]=a[(x+b2a)2−b2−4ac4a2].\begin{aligned} P(x) &=a\left[ \left(x+\frac{b}{2a}\right)^2 -\frac{b^2}{4a^2}+\frac ca \right]\\ &=a\left[ \left(x+\frac{b}{2a}\right)^2 -\frac{b^2-4ac}{4a^2} \right]. \end{aligned}

Définir le discriminant

Attention. Dans les crochets, le terme est −Δ4a2-\frac{\Delta}{4a^2}. Après multiplication par aa, l’ordonnée du sommet est β=−Δ4a\beta=-\frac{\Delta}{4a}.

FIG. 01 · FORME CANONIQUE

Déplacer et déformer la parabole

Faites varier a, α et β, puis observez l’ouverture et les déplacements de la parabole.

y = (x − 1)² − 1

Comparaison de deux courbesCourbe de référence y égale a x carré et courbe réglable sous forme canonique. Sommet S(1 ; −1). Axe de symétrie : x = 1. La parabole est ouverte vers le haut.αβ

Sommet S(1 ; −1). Axe de symétrie : x = 1. La parabole est ouverte vers le haut.

Les flèches matérialisent les déplacements horizontal α et vertical β ; le point rouge indique le sommet.

Exemple : passer de la formule au dessin

Considérons :

P(x)=2(x−3)2−4.P(x)=2(x-3)^2-4.

On lit a=2a=2, α=3\alpha=3 et β=−4\beta=-4. La parabole est donc ouverte vers le haut, son sommet est S(3;−4)S(3;-4) et son axe de symétrie est x=3x=3. Pour compléter le dessin, on peut calculer deux valeurs symétriques :

P(2)=P(4)=−2.P(2)=P(4)=-2.

Les points (2;−2)(2;-2) et (4;−2)(4;-2) se trouvent à la même hauteur parce que leurs abscisses sont à la même distance de l’axe x=3x=3.

Racines et intersections avec l’axe des abscisses

Un nombre réel x0x_0 est une racine de PP lorsque :

P(x0)=0.P(x_0)=0.

Sur la courbe, le point d’abscisse x0x_0 a alors pour ordonnée zéro. Il appartient donc à l’axe des abscisses. Chercher les racines revient à chercher les intersections de la parabole avec cet axe.

Si deux racines x1x_1 et x2x_2 existent, la forme factorisée est :

P(x)=a(x−x1)(x−x2).P(x)=a(x-x_1)(x-x_2).

On vérifie immédiatement que P(x1)=0P(x_1)=0 et P(x2)=0P(x_2)=0, puisqu’un des deux facteurs s’annule à chaque fois.

Nombre de racines et intersections avec l’axe des abscissesLa première parabole coupe l’axe des abscisses en deux points. La deuxième est tangente à l’axe en son sommet. La troisième ne rencontre pas l’axe.Deux racinesx₁x₂Une racine doublex₀Aucune racine réellepas d’intersection
FIG. 02Le nombre de racines est exactement le nombre de points d’intersection de la parabole avec l’axe des abscisses.

Factoriser sans discriminant lorsque c’est possible

Le discriminant fournit une méthode générale, mais ce n’est pas toujours la méthode la plus courte. Il faut d’abord chercher une structure familière. La leçon sur les identités remarquables permet de réviser ces techniques avant de poursuivre.

Mettre un facteur commun en évidence

3x2−12x=3x(x−4).3x^2-12x=3x(x-4).

Les racines sont 00 et 44. Graphiquement, la parabole coupe l’axe des abscisses à l’origine et au point d’abscisse 44. Son axe de symétrie passe au milieu, donc par x=2x=2.

Reconnaître une identité remarquable

x2−10x+25=(x−5)2.x^2-10x+25=(x-5)^2.

Le seul zéro est 55, compté deux fois. Graphiquement, le sommet (5;0)(5;0) est posé sur l’axe des abscisses : la parabole touche l’axe sans le traverser.

Reconnaître une différence de deux carrés

4x2−9=(2x)2−32=(2x−3)(2x+3).4x^2-9=(2x)^2-3^2=(2x-3)(2x+3).

Les racines sont −32-\frac32 et 32\frac32. Elles sont opposées : la parabole est symétrique par rapport à l’axe des ordonnées, ce que l’absence de terme en xx permettait déjà de prévoir.

Résoudre et factoriser grâce au discriminant

Le passage à la forme canonique est déjà établi. Il donne directement :

P(x)=0  ⟺  a[(x+b2a)2−Δ4a2]=0  ⟺  (x+b2a)2−Δ4a2=0  ⟺  (x+b2a)2=Δ4a2.\begin{aligned} P(x)=0 &\iff a\left[\left(x+\frac{b}{2a}\right)^2 -\frac{\Delta}{4a^2}\right]=0\\ &\iff \left(x+\frac{b}{2a}\right)^2 -\frac{\Delta}{4a^2}=0\\ &\iff \left(x+\frac{b}{2a}\right)^2 =\frac{\Delta}{4a^2}. \end{aligned}

On a utilisé a≠0a\neq0 pour supprimer le facteur aa. En multipliant la dernière égalité par 4a24a^2, il reste simplement :

(2ax+b)2=Δ.(2ax+b)^2=\Delta.

Le membre de gauche est un carré : il est toujours positif ou nul. Le nombre de solutions dépend donc du signe de Δ\Delta.

Si Δ>0\Delta>0 : deux racines distinctes

Si Δ>0\Delta>0, Δ\sqrt\Delta existe et est strictement positif. Ainsi :

2ax+b=−Δou2ax+b=Δ.2ax+b=-\sqrt\Delta \qquad\text{ou}\qquad 2ax+b=\sqrt\Delta.

En isolant xx dans les deux équations, on trouve :

x1=−b−Δ2aetx2=−b+Δ2a,x_1=\frac{-b-\sqrt\Delta}{2a} \qquad\text{et}\qquad x_2=\frac{-b+\sqrt\Delta}{2a},

La différence de deux carrés présente dans la forme canonique permet alors de factoriser :

P(x)=a(x−x1)(x−x2).P(x)=a(x-x_1)(x-x_2).

Graphiquement, la parabole coupe l’axe des abscisses aux points d’abscisses x1x_1 et x2x_2.

Si Δ=0\Delta=0 : une racine double

Si Δ=0\Delta=0, l’équation devient :

(2ax+b)2=0.(2ax+b)^2=0.

Un carré est nul seulement si sa base est nulle. L’unique solution est donc :

x0=−b2a,x_0=-\frac{b}{2a},

La factorisation s’écrit :

P(x)=a(x−x0)2.P(x)=a(x-x_0)^2.

Graphiquement, le sommet (x0;0)(x_0;0) appartient à l’axe des abscisses. La parabole est tangente à cet axe.

Si Δ<0\Delta<0 : aucune racine réelle

Si Δ<0\Delta<0, l’équation (2ax+b)2=Δ(2ax+b)^2=\Delta demanderait qu’un carré soit égal à un nombre strictement négatif. C’est impossible dans R\mathbb R. Le polynôme n’a donc aucune racine réelle et ne se factorise pas en facteurs du premier degré dans R\mathbb R.

Graphiquement, la parabole ne rencontre pas l’axe des abscisses.

Le discriminant vu sur la parabole

La forme canonique obtenue précédemment est :

P(x)=a(x+b2a)2−Δ4a.P(x)=a\left(x+\frac{b}{2a}\right)^2-\frac{\Delta}{4a}.

L’ordonnée du sommet vaut donc β=−Δ4a\beta=-\frac{\Delta}{4a}.

  • Lorsque Δ>0\Delta>0, β\beta et aa sont de signes opposés. Si la parabole est ouverte vers le haut, son sommet est sous l’axe ; si elle est ouverte vers le bas, son sommet est au-dessus. Dans les deux cas, elle coupe l’axe deux fois.
  • Lorsque Δ=0\Delta=0, β=0\beta=0. Le sommet est sur l’axe.
  • Lorsque Δ<0\Delta<0, β\beta et aa ont le même signe. Une parabole ouverte vers le haut reste au-dessus de l’axe ; une parabole ouverte vers le bas reste en dessous.

Le discriminant n’est donc pas seulement un calcul : il indique la position du sommet par rapport à l’axe des abscisses.

FIG. 03 · DISCRIMINANT

Faire varier le discriminant

Faites varier Δ et α, puis observez la position de la parabole et ses intersections avec l’axe des abscisses.

y = (x − α)² − Δ/4 = (x)² − 1

Effet du discriminant sur une paraboleParabole d’équation y égale x moins alpha au carré moins delta sur quatre. α = 0 et Δ = 4 : deux racines, x₁ = −1 et x₂ = 1.−11

α = 0 et Δ = 4 : deux racines, x₁ = −1 et x₂ = 1.

Les points rouges représentent les racines réelles ; leurs valeurs sont indiquées sur l’axe et sous le graphique.

Synthèse

Exemple complet : passer d’une forme à l’autre

Étudions :

P(x)=x2−2x−3.P(x)=x^2-2x-3.

On identifie a=1a=1, b=−2b=-2 et c=−3c=-3. Le discriminant vaut :

Δ=(−2)2−4×1×(−3)=4+12=16.\Delta=(-2)^2-4\times1\times(-3)=4+12=16.

Comme Δ>0\Delta>0, il existe deux racines :

x1=2−42=−1etx2=2+42=3.x_1=\frac{2-4}{2}=-1 \qquad\text{et}\qquad x_2=\frac{2+4}{2}=3.

La forme factorisée est donc :

P(x)=(x+1)(x−3).P(x)=(x+1)(x-3).

Pour obtenir la forme canonique, on peut compléter le carré :

P(x)=x2−2x+1−4=(x−1)2−4.P(x)=x^2-2x+1-4=(x-1)^2-4.

Les trois formes donnent des informations complémentaires :

  • x2−2x−3x^2-2x-3 donne P(0)=−3P(0)=-3 ;
  • (x−1)2−4(x-1)^2-4 donne le sommet S(1;−4)S(1;-4) et l’axe x=1x=1 ;
  • (x+1)(x−3)(x+1)(x-3) donne les racines −1-1 et 33.
Courbe de P de x égale x carré moins deux x moins troisLa parabole est ouverte vers le haut. Elle coupe l’axe des abscisses en moins un et trois, coupe l’axe des ordonnées en moins trois et possède le sommet S de coordonnées un moins quatre.xy−13S(1 ; −4)P(0) = −3axe x = 1
FIG. 04Une seule courbe rassemble les informations lues dans les trois formes de P : ordonnée à l’origine, sommet, axe et racines.

Le milieu des deux racines est :

x1+x22=−1+32=1.\frac{x_1+x_2}{2}=\frac{-1+3}{2}=1.

On retrouve bien l’abscisse du sommet et l’axe de symétrie.

Somme et produit des racines

Supposons que PP possède deux racines réelles x1x_1 et x2x_2, éventuellement égales. En développant sa forme factorisée, on obtient :

P(x)=a(x−x1)(x−x2)=a[x2−(x1+x2)x+x1x2]=ax2−a(x1+x2)x+ax1x2.\begin{aligned} P(x) &=a(x-x_1)(x-x_2)\\ &=a\left[x^2-(x_1+x_2)x+x_1x_2\right]\\ &=ax^2-a(x_1+x_2)x+ax_1x_2. \end{aligned}

En identifiant les coefficients avec ax2+bx+cax^2+bx+c, on trouve :

Ces relations peuvent éviter le calcul du discriminant lorsque les racines sont des nombres simples. Pour x2−7x+12x^2-7x+12, on cherche deux nombres dont la somme vaut 77 et le produit 1212. Les nombres 33 et 44 conviennent, donc :

x2−7x+12=(x−3)(x−4).x^2-7x+12=(x-3)(x-4).

Graphiquement, l’axe de symétrie se situe au milieu des racines :

x1+x22=−b2a.\frac{x_1+x_2}{2}=-\frac{b}{2a}.

Ici, il a pour équation x=3,5x=3{,}5. La relation c=ax1x2c=ax_1x_2 relie également le produit des racines à l’ordonnée à l’origine.

Choisir une forme adaptée

Avant de calculer, il faut regarder ce que demande le problème.

  • La forme développée permet d’identifier aa, bb, cc et de lire l’ordonnée à l’origine P(0)=cP(0)=c.
  • La forme canonique permet de trouver le sommet, l’axe de symétrie, les variations et de construire la parabole.
  • La forme factorisée permet de lire les racines et facilite l’étude du signe.

Pour factoriser, on peut suivre cette démarche :

  1. rechercher un facteur commun ou une identité remarquable ;
  2. tester une racine évidente ou chercher deux racines entières par leur somme et leur produit ;
  3. si aucune structure simple n’apparaît, calculer le discriminant ;
  4. écrire la forme factorisée lorsqu’elle existe ;
  5. développer le résultat pour le vérifier ;
  6. contrôler que les racines obtenues correspondent aux intersections de la parabole avec l’axe des abscisses.

Étudier le signe grâce à la courbe

Graphiquement :

  • P(x)>0P(x)>0 lorsque la parabole est au-dessus de l’axe des abscisses ;
  • P(x)<0P(x)<0 lorsqu’elle est en dessous ;
  • P(x)=0P(x)=0 aux points d’intersection avec cet axe.

Cas de deux racines

Dans ce tableau, les premières et dernières cases correspondent aux intervalles ]−∞;x1[]-\infty;x_1[ et ]x2;+∞[]x_2;+\infty[ ; la case centrale correspond à ]x1;x2[]x_1;x_2[. Les zéros sont placés sous x1x_1 et x2x_2.

Par exemple, pour P(x)=(x+1)(x−3)P(x)=(x+1)(x-3), on a a=1>0a=1>0, x1=−1x_1=-1 et x2=3x_2=3. On lit donc les signes ++, −-, ++ de gauche à droite.

Cas d’une racine double ou d’aucune racine

  • Si Δ=0\Delta=0, PP est du signe de aa sur R\mathbb R, sauf en x0=−b2ax_0=-\frac{b}{2a} où il s’annule. Le signe ne change pas en traversant la racine double.
  • Si Δ<0\Delta<0, PP ne s’annule jamais : il est du signe de aa sur tout R\mathbb R.

Erreurs fréquentes et contrôles rapides

Confondre racine et facteur

Si 33 est une racine, le facteur correspondant est x−3x-3, et non x+3x+3. Inversement, le facteur x+2x+2 s’annule pour x=−2x=-2.

Oublier le coefficient aa

Pour P(x)=2x2−2P(x)=2x^2-2, les racines sont −1-1 et 11, mais :

P(x)=2(x−1)(x+1),P(x)=2(x-1)(x+1),

et non (x−1)(x+1)(x-1)(x+1). Le développement permet de repérer immédiatement l’oubli.

Mal calculer b2b^2

Si b=−3b=-3, alors b2=(−3)2=9b^2=(-3)^2=9. Les parenthèses sont indispensables pendant le calcul du discriminant.

Confondre les deux expressions liées au discriminant

Dans l’écriture où aa reste devant les crochets :

P(x)=a[(x+b2a)2−Δ4a2].P(x)=a\left[\left(x+\frac{b}{2a}\right)^2 -\frac{\Delta}{4a^2}\right].

Dans la forme canonique, après distribution de aa, l’ordonnée du sommet est :

β=−Δ4a.\beta=-\frac{\Delta}{4a}.

Contrôler avec la courbe

Une factorisation annoncée avec deux facteurs distincts doit correspondre à deux intersections. Un carré parfait doit correspondre à une parabole tangente à l’axe. Le graphique ne remplace pas la preuve, mais il permet de détecter une réponse incohérente.

Exercices d’application

Exercice 1 — Lire et factoriser un trinôme

Pour P(x)=−2x2+4x+6P(x)=-2x^2+4x+6, déterminer aa, bb et cc, le sens d’ouverture, l’ordonnée à l’origine et l’équation de l’axe de symétrie. Factoriser PP et en déduire les intersections avec l’axe des abscisses.

Voir la correction de l’exercice 1

On lit a=−2a=-2, b=4b=4 et c=6c=6. Comme a<0a<0, la parabole est ouverte vers le bas. Elle coupe l’axe des ordonnées au point (0;6)(0;6). Son axe de symétrie est :

x=−b2a=−4−4=1.x=-\frac{b}{2a}=-\frac{4}{-4}=1.

On factorise d’abord par −2-2 :

P(x)=−2(x2−2x−3)=−2(x+1)(x−3).\begin{aligned} P(x)&=-2(x^2-2x-3)\\ &=-2(x+1)(x-3). \end{aligned}

Les racines sont −1-1 et 33. La parabole coupe donc l’axe des abscisses aux points (−1;0)(-1;0) et (3;0)(3;0). Leur milieu a pour abscisse 11, ce qui confirme l’axe trouvé.

Exercice 2 — Factoriser directement

Factoriser les trois expressions suivantes :

A(x)=3x2−12x,B(x)=x2−10x+25,C(x)=4x2−9.A(x)=3x^2-12x, \qquad B(x)=x^2-10x+25, \qquad C(x)=4x^2-9.

Pour chacune, indiquer les intersections ou le point de contact avec l’axe des abscisses.

Voir la correction de l’exercice 2

Pour AA, on met 3x3x en facteur :

A(x)=3x(x−4).A(x)=3x(x-4).

Les intersections ont pour abscisses 00 et 44.

Pour BB, on reconnaît un carré parfait :

B(x)=(x−5)2.B(x)=(x-5)^2.

La racine 55 est double : la parabole est tangente à l’axe au point (5;0)(5;0).

Pour CC, on utilise une différence de deux carrés :

C(x)=(2x−3)(2x+3).C(x)=(2x-3)(2x+3).

Les intersections ont pour abscisses −32-\frac32 et 32\frac32.

Exercice 3 — Utiliser le discriminant

Factoriser D(x)=2x2+x−3D(x)=2x^2+x-3 en utilisant le Glossaire · PremièreDiscriminantLe discriminant est le nombre Δ = b² − 4ac associé au trinôme ax² + bx + c.Son signe détermine si le trinôme possède deux racines réelles distinctes, une racine réelle double ou aucune racine réelle.Pour x² − 5x + 6, le discriminant vaut 1 : le trinôme possède donc deux racines réelles.. Donner les coordonnées des intersections de sa parabole avec l’axe des abscisses.

Voir la correction de l’exercice 3

Pour D(x)=2x2+x−3D(x)=2x^2+x-3, on a a=2a=2, b=1b=1 et c=−3c=-3 :

Δ=12−4×2×(−3)=25.\Delta=1^2-4\times2\times(-3)=25.

Les racines sont :

x1=−1−54=−32etx2=−1+54=1.x_1=\frac{-1-5}{4}=-\frac32 \qquad\text{et}\qquad x_2=\frac{-1+5}{4}=1.

Ainsi :

D(x)=2(x+32)(x−1)=(2x+3)(x−1).D(x)=2\left(x+\frac32\right)(x-1)=(2x+3)(x-1).

La parabole coupe l’axe des abscisses aux points (−32;0)\left(-\frac32;0\right) et (1;0)(1;0).

Exercice 4 — Expliquer l’absence de racine

Pour E(x)=x2+2x+5E(x)=x^2+2x+5, calculer le discriminant, donner sa Glossaire · PremièreForme canoniqueLa forme canonique d’un trinôme est l’écriture a(x − α)² + β.Elle permet de lire directement le sommet S(α ; β), l’axe de symétrie x = α et le sens d’ouverture donné par le signe de a.Dans 2(x − 3)² − 4, le sommet de la parabole est S(3 ; −4)., puis expliquer graphiquement pourquoi ce polynôme ne possède aucune racine réelle.

Voir la correction de l’exercice 4

On calcule :

Δ=22−4×1×5=−16.\Delta=2^2-4\times1\times5=-16.

Il n’existe donc aucune racine réelle. En complétant le carré :

E(x)=(x+1)2+4.E(x)=(x+1)^2+4.

Le sommet est S(−1;4)S(-1;4) et la parabole est ouverte vers le haut. Son point le plus bas a une ordonnée strictement positive : toute la parabole reste donc au-dessus de l’axe des abscisses.

Exercice 5 — Utiliser la somme et le produit des racines

Sans calculer le discriminant, factoriser F(x)=x2−7x+12F(x)=x^2-7x+12 en utilisant la somme et le produit des Glossaire · PremièreRacine d’un polynômeUne racine d’un polynôme P est un nombre x₀ pour lequel P(x₀) = 0.Graphiquement, les racines sont les abscisses des points où la courbe représentative rencontre l’axe des abscisses.Si P(x) = (x − 2)(x + 1), ses racines sont 2 et −1.. Déterminer l’axe de symétrie.

Voir la correction de l’exercice 5

On cherche deux nombres dont la somme vaut 77 et le produit 1212. Ce sont 33 et 44, donc :

F(x)=(x−3)(x−4).F(x)=(x-3)(x-4).

L’axe de symétrie passe au milieu des deux racines :

x=3+42=72=3,5.x=\frac{3+4}{2}=\frac72=3{,}5.

Exercice 6 — Retrouver un polynôme à partir de sa parabole

Une parabole est ouverte vers le bas et coupe l’axe des abscisses en −2-2 et 44. Le point (0;8)(0;8) appartient à la courbe. Déterminer la forme factorisée du polynôme, puis étudier son signe.

Voir la correction de l’exercice 6

Les racines −2-2 et 44 donnent d’abord :

P(x)=a(x+2)(x−4).P(x)=a(x+2)(x-4).

Le point (0;8)(0;8) appartient à la courbe, donc :

8=P(0)=a×2×(−4)=−8a,8=P(0)=a\times2\times(-4)=-8a,

d’où a=−1a=-1. Ainsi :

P(x)=−(x+2)(x−4).P(x)=-(x+2)(x-4).

La parabole est ouverte vers le bas. Elle se trouve au-dessus de l’axe entre ses racines et en dessous à l’extérieur :

P(x)>0si −2<x<4,P(x)=0si x=−2 ou x=4,P(x)<0si x<−2 ou x>4.\begin{aligned} P(x)&>0 &&\text{si }-2<x<4,\\ P(x)&=0 &&\text{si }x=-2\text{ ou }x=4,\\ P(x)&<0 &&\text{si }x<-2\text{ ou }x>4. \end{aligned}

Sources et repères

  1. Programme d’enseignement de spécialité de mathématiques de la classe de première de la voie généraleMinistère de l’Éducation nationale — Bulletin officiel du 2 avril 2026
  2. Programmes et ressources en mathématiques — voie générale et technologiqueÉduscol