Diodes et diodes Zener : exercices corrigés d’électronique
Quatorze exercices progressifs de niveau post-bac sur les diodes, les modèles affines, le redressement, l’écrêtage, le filtrage et la régulation Zener, avec corrections détaillées.
Niveaux
BTS · L1–L2 · CPGE
Contenu
14 exercices · 7 niveaux
Mis à jour
Ce recueil part du modèle idéal et introduit progressivement le seuil direct, les modèles affines, le redressement, l’écrêtage, la régulation Zener et le filtrage. Il s’adresse aux étudiants d’un niveau post-bac en électronique : BTS, L1–L2, classes préparatoires ou formation équivalente. Les derniers exercices demandent une analyse plus complète des régimes et des signaux.
Conventions. Les sources et les résistances sont idéales. Les flèches des schémas fixent les orientations positives des tensions et des courants.
Niveau 1 — Déterminer l’état des diodes
Exercice 1 — Un interrupteur unidirectionnel
Diode en série avec une charge résistive ; la barre du symbole repère la cathode.
Dans le montage représenté, E est une tension continue réglable et R=1,0kΩ. La diode D est idéale : sa tension est nulle lorsqu’elle conduit.
Déterminer us(E) et le courant i(E) dans la résistance.
Donner les valeurs pour E=−3,0V, 2,0V et 8,0V.
Vérifier, pour chacun des deux régimes, que le sens du courant et la polarité aux bornes de la diode sont cohérents.
Correction de l’exercice 1
Question 1 — Déterminer la sortie et le courant. On examine d’abord la diode bloquée. Aucun courant ne traverse alors R, donc us=Ri=0. Sa cathode est au potentiel nul et sa tension anode-cathode vaut E : ce régime est possible pour E≤0. Si E>0, la diode idéale conduit sans chute de tension ; la résistance reçoit toute la tension de la source, soit us=E et i=E/R>0.
us(E)=max(0,E),i(E)=Rmax(0,E).
Question 2 — Appliquer les résultats. Pour E=−3,0V, la diode bloque : us=0 et i=0. Pour E=2,0V, elle conduit : us=2,0V et i=2,0mA. Enfin, pour E=8,0V, on obtient us=8,0V et i=8,0mA.
Question 3 — Vérifier les régimes. Lorsque E<0, l’anode est moins positive que la cathode puisque uD=E<0 : le blocage supposé est cohérent. Lorsque E>0, le courant calculé circule de l’anode vers la cathode, conformément au sens passant du modèle. À E=0, les deux expressions se rejoignent avec un courant nul.
Exercice 2 — Seuil direct et charge
Le courant positif circule de la source vers la charge lorsque la diode conduit.
On fait varier E≥0 avec Rs=1,0kΩ et RL=2,0kΩ. La diode D présente une chute de tension constante UD=0,70V lorsqu’elle conduit.
Déterminer le seuil de E à partir duquel la diode conduit.
Établir la caractéristique us(E) par morceaux.
Calculer le courant, us et la puissance reçue par RL pour E=10,0V.
Correction de l’exercice 2
Question 1 — Trouver le seuil. Supposons d’abord que la diode soit bloquée. Elle ouvre alors la branche série : aucun courant ne traverse Rs ni RL, et la tension aux bornes de chacune de ces résistances est nulle. L’anode de la diode est donc au potentiel E, tandis que sa cathode est au potentiel de la masse. Sa tension anode-cathode vaut uD=E. Le blocage est cohérent tant que E≤UD=0,70V ; la conduction commence au-delà de ce seuil.
Question 2 — Établir la caractéristique. En dessous du seuil, la charge ne reçoit aucun courant et us=0. Au-dessus, la loi des mailles s’écrit E=Rsi+UD+RLi. On en tire i=(E−UD)/(Rs+RL)>0, puis us=RLi. La sortie est donc nulle avant le seuil et croît ensuite linéairement :
Le seuil direct crée un palier, suivi d’une droite de pente 2/3.
Les deux branches donnent us=0 exactement au seuil, ce qui vérifie leur raccordement.
Question 3 — Calculer le point de fonctionnement. Pour E=10,0V, la diode est passante car la source dépasse le seuil. Le courant vaut i=9,30V/3,0kΩ=3,10mA, d’où us=RLi=6,20V. La charge reçoit PL=usi≃19,2mW. On peut vérifier la maille : 3,10+0,70+6,20=10,0V.
Niveau 2 — Introduire la résistance interne d’une diode
Exercice 3 — Diode affine et équivalent de Thévenin
Le courant positif circule de la source vers la charge lorsque la diode conduit.
L’alimentation varie de 0 à 12V, avec Rs=470Ω et RL=1,0kΩ. On adopte pour D un modèle affine par morceaux : elle est bloquée pour i=0 et uD≤Uγ=0,60V ; lorsqu’elle conduit, uD=Uγ+rdi avec rd=30Ω et i>0.
Remplacer le circuit linéaire vu des bornes de la diode par son équivalent de Thévenin. En déduire le seuil de conduction.
Établir i(E) et us(E) par morceaux, puis tracer la caractéristique de sortie.
Pour E=9,60V, calculer i, uD et us, puis vérifier la loi des mailles et la cohérence du régime choisi.
Correction de l’exercice 3
Question 1 — Réduire le circuit linéaire. Pour calculer la tension de Thévenin, on retire la diode. Aucun courant ne circule alors dans Rs ou dans RL : la borne située du côté de Rs est au potentiel E, et celle du côté de RL est au potentiel nul. La tension de la première borne par rapport à la seconde vaut donc ETh=E. Lorsque la source idéale de tension est court-circuitée, le trajet entre ces bornes traverse successivement Rs et RL. La résistance de Thévenin est ainsi RTh=Rs+RL=1,47kΩ. Si la diode reste bloquée, sa tension anode-cathode vaut E ; elle commence à conduire lorsque E dépasse Uγ=0,60V.
Question 2 — Établir les deux régimes. En conduction, le modèle affine équivaut à une source de tension Uγ en série avec rd. La maille de Thévenin donne E=RThi+Uγ+rdi, soit
Ici, Rs+RL+rd=1,50kΩ : au-delà du seuil, la pente de us(E) vaut RL/(Rs+RL+rd)=2/3. Les deux branches se raccordent en E=Uγ, où i=us=0.
La résistance interne de la diode s’ajoute aux deux résistances du circuit lorsque la diode conduit.
Question 3 — Calculer et vérifier. À E=9,60V, le courant vaut i=(9,60−0,60)/1,50kΩ=6,00mA. Ainsi uD=0,60+30×0,006=0,78V et us=RLi=6,00V. On retrouve l’alimentation en additionnant les tensions : Rsi+uD+us=2,82+0,78+6,00=9,60V. Le courant est positif, ce qui valide l’hypothèse de conduction.
Niveau 3 — Redresser et écrêter un signal
Exercice 4 — Redressement simple alternance
Diode en série avec une charge résistive ; la barre du symbole repère la cathode.
La source délivre e(t)=Emsin(ωt) avec Em=12V. La diode est idéale et R=1,0kΩ.
Décrire us(t) sur une période et tracer son allure.
Calculer sa valeur moyenne ⟨us⟩ et sa valeur efficace Us,eff.
En déduire la puissance moyenne dissipée dans R.
Correction de l’exercice 4
Question 1 — Décrire et tracer le signal. Posons θ=ωt. Pour 0≤θ≤π, la source est positive : la diode idéale conduit et us=Emsinθ. Pour π≤θ≤2π, la source est négative : la diode bloque, le courant est nul et us=0. Cette succession se répète à chaque période de la source.
La diode idéale ne laisse passer que l’alternance positive ; le signal d’entrée est montré en pointillés.
Question 2 — Calculer les deux valeurs caractéristiques. La moyenne se calcule sur une période entière 2π, même si seule la première demi-période contribue. Pour la valeur efficace, on moyenne le carré de la tension avant de prendre la racine :
⟨us⟩=2π1∫0πEmsinθdθ=πEm≃3,82V.
Us,eff2=2π1∫0πEm2sin2θdθ=4Em2,Us,eff=6,0V.
Question 3 — En déduire la puissance. À chaque instant, la résistance dissipe p(t)=us(t)2/R. Sa moyenne dépend donc de Us,eff, et non du carré de ⟨us⟩ : P=Us,eff2/R=36mW.
Exercice 5 — Écrêteur symétrique à deux diodes
Deux diodes montées en sens opposés fixent des seuils positif et négatif.
L’entrée e varie de −6,0V à +6,0V et R=1,0kΩ. Les deux diodes ont chacune un seuil direct UD=0,70V. Aucune charge supplémentaire n’est branchée sur la sortie.
Établir us(e) dans les trois domaines de fonctionnement.
Indiquer quelle diode conduit pour chaque domaine et vérifier la cohérence aux frontières.
Calculer la valeur absolue maximale du courant dans R et la puissance instantanée maximale qu’elle dissipe.
Correction de l’exercice 5
Question 1 — Construire les trois branches. Pour ∣e∣≤UD, aucune diode ne conduit : la résistance ne présente aucune chute de tension et us=e. Quand e dépasse UD, la diode D+ fixe la sortie à +UD. Quand e devient inférieur à −UD, la diode D− fixe au contraire la sortie à −UD. On obtient :
us(e)=⎩⎨⎧−UD,e,+UD,e<−UD,−UD≤e≤UD,e>UD.
La portion centrale a une pente de 1 ; les deux paliers correspondent aux diodes passantes.
Question 2 — Vérifier les diodes. Sur le palier positif, D+ est passante et D− reçoit une polarisation inverse ; sur le palier négatif, leurs rôles s’échangent. Au centre, les deux restent bloquées. Aux frontières e=±UD, la branche centrale et le palier correspondant donnent la même tension us, et le courant dans R tend vers zéro : il n’y a pas de saut dans la caractéristique.
Question 3 — Trouver les valeurs maximales. Le courant orienté de la source vers S vaut iR=(e−us)/R. Sa valeur absolue est maximale pour e=±6,0V, car l’écart entre l’entrée et le palier vaut alors 6,0−0,70=5,30V. Ainsi ∣iR∣max=5,30mA et pR,max=R∣iR∣max2≃28,1mW. Pour e<0, le courant algébrique est négatif : il circule réellement de S vers la source.
Niveau 4 — Réguler avec une diode Zener
Exercice 6 — Première caractéristique de régulation
Zener en dérivation, cathode au nœud de sortie positif.
On fait varier E de 0 à 12V, avec R=330Ω et sans charge supplémentaire. La Zener est modélisée en inverse par une branche ouverte pour us<UZ=5,1V, puis par une tension constante us=UZ. Sa puissance admissible est PZ,max=0,25W.
Établir us(E) et le courant inverse iZ(E) dans la plage indiquée.
Calculer iZ, PZ et la puissance dissipée dans R pour E=12V.
En prolongeant le même modèle au-delà de 12V, déterminer la plus grande valeur de E compatible avec PZ,max.
Correction de l’exercice 6
Question 1 — Séparer les régimes. Sans charge, le courant dans R est nul tant que la Zener est ouverte. La résistance ne provoque alors aucune chute de tension et us=E. Cette solution reste possible pour E≤UZ. Dès que E>UZ, la Zener fixe us=UZ ; la tension restante E−UZ se retrouve aux bornes de R. Le courant inverse devient donc positif :
us(E)=min(E,UZ),iZ(E)=max(0,RE−UZ).
Sans charge, la sortie suit E jusqu’à 5,1 V, puis reste constante.
Question 2 — Évaluer les dissipations. À E=12V, le régime Zener est actif et iZ=(12−5,1)/330≃20,9mA. La puissance reçue par la Zener vaut PZ=UZiZ≃0,107W. La résistance dissipe PR=(E−UZ)iZ≃0,144W. La somme retrouve approximativement la puissance fournie par la source, EiZ≃0,251W.
Question 3 — Déterminer la limite d’alimentation. Dans le régime Zener, PZ=UZ(E−UZ)/R croît avec E. On impose PZ≤PZ,max et l’on isole la tension d’alimentation : E≤UZ+RPZ,max/UZ≃21,3V. Cette extrapolation reste dans le modèle annoncé ; sur la plage initiale limitée à 12V, la contrainte est satisfaite.
Exercice 7 — Zener affine, charge et équivalent de Thévenin
La Zener est en dérivation avec la charge ; sa cathode est au nœud positif.
On fait varier E entre 0 et 14V, avec Rs=220Ω et RL=1,0kΩ. La Zener est bloquée pour iZ=0 et us≤UZ0=5,0V ; en régime Zener, us=UZ0+rZiZ avec rZ=20Ω et iZ>0. On néglige sa conduction directe et sa puissance admissible est 0,20W.
Déterminer l’équivalent de Thévenin du réseau formé par E, Rs et RL, vu des bornes de la Zener. Trouver la valeur de E à partir de laquelle la Zener conduit.
Établir iZ(E) et us(E) par morceaux sur la plage donnée, puis représenter la caractéristique de sortie.
Pour E=12V, calculer iZ, us et le courant dans RL. Vérifier la loi des nœuds.
Calculer la puissance Zener dans le cas le plus défavorable de la plage et vérifier la limite annoncée.
Correction de l’exercice 7
Question 1 — Trouver le seuil. On retire d’abord la Zener pour regarder le réseau qui l’alimente. Le courant de la source traverse alors Rs et RL, qui forment un diviseur de tension. La tension à vide entre S et la masse vaut ETh=ERL/(Rs+RL)=(1000/1220)E. Si l’on court-circuite ensuite la source idéale de tension, Rs et RL se retrouvent en parallèle : RTh=RsRL/(Rs+RL)≃180,3Ω. Tant que la Zener est bloquée, us=ETh. Elle atteint son seuil lorsque ETh=UZ0, ce qui correspond à E0=UZ0(Rs+RL)/RL=6,10V.
Question 2 — Relier le courant et la sortie à E. Lorsque E≤E0, la Zener est ouverte : iZ=0 et us=ETh. Au-dessus du seuil, l’équivalent de Thévenin alimente la source UZ0 et la résistance rZ en série. La loi des mailles donne ETh=RThiZ+UZ0+rZiZ, d’où
Le courant calculé est bien positif au-dessus de E0. Au seuil, il tend vers zéro et les deux expressions de us donnent 5,0V : la caractéristique est continue. La résistance dynamique explique que la tension régulée augmente encore légèrement avec E.
La pente résiduelle après le seuil vient de la résistance dynamique de la Zener.
Question 3 — Vérifier les courants. À E=12V, ETh≃9,836V et iZ=(9,836−5,0)/(180,3+20)≃24,14mA. La sortie vaut us=5,0+20iZ≃5,483V, puis iL=us/RL≃5,483mA. Le courant dans Rs est (12−us)/220≃29,62mA, égal à iZ+iL à l’arrondi près.
Question 4 — Contrôler la puissance. Le courant iZ augmente avec E et us=UZ0+rZiZ augmente aussi. Leur produit est donc maximal à E=14V. On obtient iZ≃32,32mA, us≃5,646V et PZ=usiZ≃0,183W. Cette valeur reste inférieure à la limite de 0,20W dans le modèle annoncé.
Exercice 8 — Régulation malgré les variations de charge
La Zener est en dérivation avec la charge ; sa cathode est au nœud positif.
On utilise le modèle Zener à tension constante UZ=5,1V. L’alimentation varie de 8,0 à 14,0V et la charge RL de 470Ω à une valeur arbitrairement grande, y compris une charge débranchée. On exige IZ,min=5,0mA et PZ,max=0,30W. La valeur de Rs reste à choisir.
Écrire les deux contraintes qui garantissent la régulation et la puissance admissible pour toutes les valeurs de E et RL.
En déduire l’intervalle de valeurs autorisées pour Rs.
Vérifier le choix Rs=180Ω aux deux situations les plus défavorables.
Correction de l’exercice 8
Question 1 — Identifier les deux cas défavorables. En régime Zener, la tension de sortie vaut UZ et la loi des nœuds donne iZ=(E−UZ)/Rs−UZ/RL. Le courant Zener baisse lorsque E diminue ou lorsque la charge demande davantage de courant. Son minimum se produit donc pour E=8,0V et RL=470Ω ; il doit rester au moins égal à IZ,min. À l’inverse, le courant Zener et sa puissance sont maximaux pour E=14,0V et une charge débranchée, qui ne prélève aucun courant.
Question 2 — Encadrer la résistance série. La première situation impose
Il faut satisfaire les deux bornes simultanément : environ 151Ω≤Rs≤183Ω. Cette plage n’est pas vide, le cahier des charges est donc réalisable dans le modèle.
Question 3 — Vérifier 180Ω. Avec l’alimentation minimale et la charge maximale, iZ=2,9/180−5,1/470≃5,26mA, juste au-dessus du minimum demandé. Avec l’alimentation maximale et la charge débranchée, iZ=8,9/180≃49,4mA, d’où PZ=5,1×8,9/180≃0,252W<0,30W. Comme ces deux cas bornent tous les autres, le choix respecte à la fois la régulation et la limite de puissance sur toute la plage.
Niveau 5 — Étudier un montage à plusieurs régimes
Exercice 9 — Écrêtage avec deux Zener opposées
La Zener polarisée en inverse et celle polarisée en direct conduisent ensemble au-delà du seuil d’écrêtage.
La source délivre e(t)=12sin(ωt)V et R=1,0kΩ. Chaque Zener présente un seuil direct UD=0,70V et un seuil inverse UZ=5,1V. On suppose que la branche ne conduit que lorsqu’une Zener est en direct et l’autre en inverse. Aucune charge supplémentaire n’est branchée sur la sortie.
Déterminer la tension d’écrêtage Uc et la caractéristique us(e).
Calculer le courant maximal en valeur absolue dans la branche des Zener.
Calculer la puissance instantanée maximale dissipée par la Zener polarisée en inverse. Préciser la limite de ce calcul pour un dimensionnement réel.
Correction de l’exercice 9
Question 1 — Déterminer l’écrêtage. Pour une entrée positive assez grande, la Zener côté S conduit en inverse et l’autre en direct. Les deux tensions de seuil s’additionnent : Uc=UZ+UD=5,8V et us=+Uc. Pour une entrée négative, les rôles s’inversent et us=−Uc. Entre ces limites, la branche est ouverte, donc le courant dans R est nul et us=e. Ainsi
us(e)=⎩⎨⎧−Uc,e,Uc,e<−Uc,−Uc≤e≤Uc,e>Uc.
Chaque seuil combine 5,1 V en inverse et 0,70 V en direct, soit ±5,8 V.
Question 2 — Chercher le courant maximal. En conduction, la résistance reçoit la différence ∣e∣−Uc, donc ∣i∣=(∣e∣−Uc)/R. Cette quantité augmente avec ∣e∣ et atteint son maximum aux crêtes de la source : ∣i∣max=(12−5,8)/1,0kΩ=6,2mA. Dans la zone centrale, la branche ouverte porte un courant nul.
Question 3 — Évaluer la puissance de la Zener inverse. Son seuil inverse vaut UZ pendant la conduction. Sa puissance instantanée maximale est donc pZ,max=UZ∣i∣max=5,1×6,2mW≃31,6mW. Ce résultat décrit la crête dans le modèle à seuils constants. Pour choisir un composant, il faut aussi considérer sa puissance admissible, les tolérances et les conditions thermiques.
Exercice 10 — Mise sous tension d’une référence Zener
La Zener est en dérivation avec le condensateur ; sa cathode est au nœud positif.
À t=0, la source idéale passe de 0 à E=12,0V. On prend R=1,0kΩ et C=100μF, initialement déchargé. La Zener idéale est ouverte pour us<UZ=5,1V, puis fixe us=UZ. On néglige toute charge supplémentaire.
Déterminer us(t) avant l’entrée en régime Zener.
Trouver la date tZ de ce changement de régime.
Déterminer us(t) et le courant Zener pour t≥tZ. Vérifier la continuité de la tension du condensateur et calculer l’énergie qu’il stocke ensuite.
Correction de l’exercice 10
Question 1 — Résoudre la charge initiale. Tant que la Zener est ouverte, tout le courant de la résistance charge le condensateur. La loi des nœuds donne Cdus/dt=(E−us)/R, avec us(0)=0. L’équation du premier ordre conduit à
us(t)=E(1−e−t/(RC)),0≤t<tZ.
Cette expression augmente vers E=12V ; elle rencontre donc nécessairement le seuil UZ=5,1V.
Question 2 — Trouver le changement de régime. On pose us(tZ)=UZ dans la solution précédente et l’on isole tZ :
tZ=−RCln(1−EUZ)=−0,100ln(0,575)s≃55,3ms.
Le palier débute vers 55,3 ms ; la tension du condensateur reste continue.
Question 3 — Étudier la suite et vérifier la continuité. Dès tZ, la Zener fixe us=5,1V. La limite de la solution de charge vaut elle aussi UZ à cette date : la tension du condensateur reste continue. Après le basculement, dus/dt=0, donc iC=0 et tout le courant de R traverse la Zener : iZ=(E−UZ)/R=6,9mA>0. Le condensateur stocke alors WC=CUZ2/2≃1,30mJ. Dans ce modèle idéal, le courant Zener peut sauter de zéro à 6,9mA au seuil, alors que la tension du condensateur ne saute pas.
Pont de Graetz : deux diodes conduisent pendant chaque alternance.
La source délivre e(t)=Emsin(ωt) avec Em=12V. Les quatre diodes sont idéales et RL=1,0kΩ. Pour les deux bornes alternatives A et B repérées sur le schéma, on pose e=VA−VB.
Pour chaque signe de e, identifier les deux diodes passantes et suivre le trajet du courant dans la charge.
Établir us(t) puis calculer sa valeur moyenne et sa valeur efficace.
Déterminer la puissance moyenne reçue par RL et la valeur maximale du courant de charge.
Correction de l’exercice 11
Question 1 — Suivre les deux trajets. Lorsque e>0, le point A est au potentiel le plus élevé. Le courant emprunte alors D1, descend dans RL, puis revient vers B par D4. Lorsque e<0, B devient le point haut : le trajet passe par D2, descend encore dans RL, puis revient vers A par D3. Dans les deux cas, le courant traverse la charge dans le même sens. Il s’annule aux passages de e par zéro.
Question 2 — Établir la tension et ses valeurs caractéristiques. Les diodes étant idéales, aucune tension n’est perdue dans la paire passante. La charge reçoit donc la valeur absolue de la tension d’entrée :
us(t)=∣e(t)∣=Em∣sin(ωt)∣.
Le pont idéal transforme les deux alternances en une tension de même polarité ; l’entrée est en pointillés.
La sortie présente deux bosses positives pendant une période de la source. En intégrant sur 0≤θ=ωt≤2π, on obtient la moyenne 2Em/π. Le carré de ∣sinθ∣ est celui de sinθ, ce qui donne la même valeur efficace qu’une sinusoïde de crête Em :
⟨us⟩=π2Em=π24V≃7,64V,Us,eff=2Em≃8,49V.
Question 3 — Calculer la puissance et le courant de crête. La charge est résistive : sa puissance moyenne vaut PL=Us,eff2/RL=72mW. Le maximum de us est Em=12V ; la loi d’Ohm donne donc iL,max=Em/RL=12mA.
Exercice 12 — Influence du seuil des quatre diodes
Pont de Graetz : deux diodes conduisent pendant chaque alternance.
On conserve Em=12V et RL=1,0kΩ. Chaque diode présente une chute de tension constante UD=0,70V lorsqu’elle conduit et un courant nul lorsqu’elle bloque. Il n’y a pas de condensateur.
Déterminer l’expression de us(t) et l’angle α∈[0;π/2] à partir duquel une paire de diodes conduit pendant une demi-période.
Calculer la valeur moyenne de us sur une période.
En déduire la puissance moyenne dissipée par l’ensemble des quatre diodes. On précisera pourquoi chaque diode ne conduit que pendant une demi-période sur deux.
Correction de l’exercice 12
Question 1 — Identifier la zone de conduction. Le courant traverse toujours deux diodes du pont en série avec la charge. Tant que ∣e∣≤2UD=1,4V, aucune paire ne peut conduire et us=0. Au-delà, les deux diodes absorbent ensemble 2UD ; la charge reçoit le reste :
us(t)=max(0,∣Emsin(ωt)∣−2UD).
Deux diodes conduisent à la fois : la sortie présente une zone nulle autour de chaque passage par zéro et culmine à 10,6 V.
Sur chaque demi-période, la paire conduit pour α<ωt<π−α (à un multiple de π près). La frontière vérifie Emsinα=2UD, donc α=arcsin(1,4/12)≃0,117rad, soit 6,70∘.
Question 2 — Calculer la valeur moyenne. Le signal redressé se répète tous les π radians. On intègre seulement sur la zone où la sortie n’est pas nulle, puis on divise par π :
Question 3 — Répartir la puissance dans le pont. La moyenne du courant de charge vaut ⟨iL⟩=⟨us⟩/RL≃6,29mA. À chaque instant conducteur, deux diodes portent ce courant et chacune dissipe UDiL. Même lorsque le pont bloque, cette expression totale reste valable avec iL=0. Ainsi
PD,tot=2UD⟨iL⟩≃8,81mW.
Les paires (D1,D4) et (D2,D3) prennent le relais d’une demi-période à l’autre : chaque diode ne conduit que sur une alternance sur deux. Par symétrie, les quatre reçoivent la même puissance moyenne, soit PD,tot/4≃2,20mW par diode.
Niveau 7 — Analyser les signaux et dimensionner le filtrage
Exercice 13 — Harmoniques créées par un écrêtage
La Zener polarisée en inverse et celle polarisée en direct conduisent ensemble au-delà du seuil d’écrêtage.
La source délivre e(t)=Emsin(2πft) avec Em=10,0V et f=1,0kHz ; on prend R=1,0kΩ. Chaque Zener a UZ=5,1V en inverse et UD=0,70V en direct. On pose Uc=UZ+UD et l’on néglige toute charge extérieure ainsi que la dépendance des seuils au courant.
Écrire us(t) par morceaux sur le quart de période 0≤θ=2πft≤π/2, avec α=arcsin(Uc/Em).
Déterminer la fraction de la période pendant laquelle le signal est écrêté, puis expliquer pourquoi les harmoniques paires sont absentes de ce modèle.
En posant us(θ)=∑n≥1bnsin(nθ), calculer les amplitudes b1 et b3, puis leur rapport b3/b1.
Correction de l’exercice 13
Question 1 — Décrire un quart de période. Le seuil vaut Uc=5,8V. La sinusoïde l’atteint à α=arcsin(Uc/Em)=arcsin(0,58)≃0,619rad. Avant α, les Zener ne conduisent pas et la sortie suit l’entrée. Ensuite, elle reste au palier Uc jusqu’au sommet :
us(θ)={Emsinθ,Uc,0≤θ≤α,α<θ≤π/2.
Les deux sommets sont écrêtés à ±5,8 V ; l’entrée non écrêtée est en pointillés.
Question 2 — Mesurer le temps écrêté et exploiter la symétrie. Sur une demi-période de longueur π, le palier s’étend de α à π−α, soit π−2α. Le même intervalle apparaît sur l’autre demi-période ; la fraction écrêtée est donc 2(π−2α)/(2π)=1−2α/π≃0,606, soit 60,6%. De plus, us(θ+π)=−us(θ) : les deux demi-périodes ont la même forme avec des signes opposés. Leurs contributions aux harmoniques paires se compensent.
Question 3 — Calculer les deux amplitudes. Le signal étant impair, on ne cherche que les coefficients sinus. La symétrie de quart de période donne, pour n impair, bn=π4∫0π/2us(θ)sin(nθ)dθ. On coupe cette intégrale à α : la première partie contient Emsinθ, la seconde le palier Uc. Pour n=1, cela donne
b1=π4[Em(2α−4sin(2α))+Uccosα]≃6,95V.
Pour n=3, on transforme le produit des sinus avec sinθsin(3θ)=[cos(2θ)−cos(4θ)]/2, puis on intègre le palier séparément :
Le rapport vaut b3/b1≃0,192 : l’amplitude de l’harmonique de rang 3 représente environ 19% de celle du fondamental dans le modèle retenu.
Exercice 14 — Filtrage d’un pont redresseur
Pont de Graetz : quatre diodes, charge et condensateur de filtrage.
La source alternative isolée a une valeur efficace de 12,0V et une fréquence f=50Hz. Chaque diode passante présente UD=0,70V. La résistance de charge vaut RL=200Ω ; la capacité C sera précisée selon la question. On étudie le régime périodique établi.
On adopte l’approximation suivante : le condensateur se recharge rapidement près de chaque maximum redressé jusqu’à Vp=122−2UD ; entre deux recharges, sa tension décroît presque linéairement de ΔV. On prend ⟨us⟩≃Vp−ΔV/2 et IL≃⟨us⟩/RL.
Établir la fréquence de l’ondulation et exprimer ΔV en fonction de IL, f et C.
Pour C=1000μF, calculer de façon cohérente ΔV, ⟨us⟩ et le courant moyen de charge.
Déterminer la capacité minimale qui limite l’ondulation à 0,50V dans ce modèle. Parmi 1000, 1500 et 2200μF, choisir la plus petite valeur convenable.
Expliquer à quel moment les diodes conduisent et pourquoi l’approximation ne permet pas de prévoir le courant de pointe dans le pont.
Correction de l’exercice 14
Question 1 — Relier l’ondulation à la charge perdue. Le pont redresse les deux alternances : le condensateur se recharge près de deux maxima par période de la source. L’ondulation a donc la fréquence fr=2f=100Hz. Entre deux recharges espacées d’environ 1/(2f), la charge fournit approximativement un courant IL constant et perd la charge IL/(2f). Or cette perte vaut aussi CΔV, d’où
ΔV≃2fCIL≃2fCRL⟨us⟩,Vp=122−1,4≃15,57V.
Question 2 — Résoudre les deux relations ensemble. Avec C=1,00mF, on a 2fCRL=20, donc ΔV≃⟨us⟩/20. Il faut conserver cette dépendance lors du calcul : en la reportant dans ⟨us⟩≃Vp−ΔV/2, on obtient ⟨us⟩(1+1/40)≃Vp, puis
⟨us⟩≃4140Vp≃15,19V,ΔV≃0,760V,IL≃75,9mA.
Tracé de l’approximation utilisée : recharge instantanée et décharge linéaire de 0,760 V toutes les 10 ms. La durée réelle de conduction n’est pas représentée.
Question 3 — Choisir le condensateur. À la limite demandée ΔV=0,50V, le modèle donne ⟨us⟩≃Vp−0,25V. La relation de la question 1 impose alors
C≥2fRL(0,50V)Vp−0,25V≃1,53mF.
La valeur 1,50mF reste légèrement insuffisante ; parmi les trois valeurs proposées, 2,20mF est la plus petite convenable.
Question 4 — Situer la conduction et la limite du modèle. Entre les sommets de la tension redressée, le condensateur alimente la charge et les diodes bloquent. Elles conduisent de nouveau quand la tension redressée disponible dépasse celle du condensateur, près du sommet suivant. La relation de charge perdue donne l’ondulation, mais suppose une recharge rapide sans en calculer la durée ni tenir compte des résistances internes. Elle ne permet donc pas de déterminer le courant de pointe des diodes.