RECUEIL M-009 · Arithmétique · Olympiades internationales

Olympiades internationales de mathématiques : problèmes corrigés

Un recueil de problèmes des Olympiades internationales de mathématiques, sera enrichi petit à petit

Niveaux
Lycée avancé · Préparation aux olympiades
Contenu
1 problèmes · 0 niveaux
Mis à jour

Ce recueil rassemble des problèmes proposés aux Olympiades internationales de mathématiques (Compétition de mathématiques internationale pour les lycéens consistant en la résolution en un temps limité de plusieurs problèmes difficiles). Les exercices sont donc très difficiles mais peuvent être résolus avec les outils mathématiques introduits au lycée.

Difficulté des exercices : * difficile · ** très difficile · *** extrêmement difficile.

Exercice 1 — Un quotient qui est un carré ***

Problème 6, Olympiades internationales de mathématiques 1988. Soient aa et bb deux entiers strictement positifs tels que ab+1ab+1 divise a2+b2a^2+b^2.

Démontrer que a2+b2ab+1\dfrac{a^2+b^2}{ab+1} est le carré d’un entier.

Indice 1

Poser k=a2+b2ab+1k=\dfrac{a^2+b^2}{ab+1}, un entier d’après l’énoncé. Raisonner par l’absurde : supposer qu’il existe un couple (a,b)(a,b) pour lequel kk n’est pas un carré, puis choisir un tel couple pour lequel a+ba+b est minimal. Par symétrie, on peut prendre a≥ba\geq b. À partir de ce couple, chercher à construire un autre couple (c,b)(c,b) tel que k=c2+b2cb+1k=\dfrac{c^2+b^2}{cb+1} et étudier ses propriétés pour en déduire l’absurdité.

Indice 2

Pour trouver cc, considérer le trinôme f(x)=x2−kbx+b2−kf(x)=x^2-kbx+b^2-k et étudier les propriétés de ses racines.

Indice 3

Pour k≥2k\geq2, calculer f(b)f(b) et f(−1)f(-1). En déduire un encadrement pour cc, puis montrer que c>0c>0 avant de conclure.

Correction détaillée de l’exercice 1

1. Supposer qu’un contre-exemple existe. La divisibilité assure que

k=a2+b2ab+1k=\frac{a^2+b^2}{ab+1}

est un entier strictement positif. S’il vaut 11, le résultat est acquis. Supposons donc qu’il existe un couple (a,b)(a,b) pour lequel kk n’est pas un carré. Parmi tous ces couples, choisissons-en un de somme a+ba+b minimale. En échangeant aa et bb au besoin, nous pouvons supposer a≥ba\geq b. Comme kk est un entier positif différent de 11, on a k≥2k\geq2.

2. Construire une autre racine entière. L’égalité a2+b2=k(ab+1)a^2+b^2=k(ab+1) devient

a2−kba+b2−k=0.a^2-kba+b^2-k=0.

Le trinôme f(x)=x2−kbx+b2−kf(x)=x^2-kbx+b^2-k admet donc aa pour racine. La somme de ses racines vaut kbkb : sa seconde racine c=kb−ac=kb-a est entière. Leur produit vaut b2−kb^2-k, ce qui donne aussi ac=b2−kac=b^2-k.

3. Montrer que cc est strictement positif et plus petit que bb. On calcule

f(−1)=1+kb+b2−k=1+b2+k(b−1)>0,f(-1)=1+kb+b^2-k=1+b^2+k(b-1)>0,

car b≥1b\geq1. D’autre part,

f(b)=(2−k)b2−k<0,f(b)=(2-k)b^2-k<0,

car k≥2k\geq2. Ainsi, une racine de ff se situe strictement entre −1-1 et bb, et l’autre est strictement supérieure à bb. Puisque a≥ba\geq b, aa est cette dernière racine ; on obtient donc −1<c<b-1<c<b. L’entier cc est donc supérieur ou égal à zéro. S’il était nul, la relation ac=b2−kac=b^2-k imposerait k=b2k=b^2, contrairement à l’hypothèse que kk n’est pas un carré. Par conséquent, 0<c<b<a0<c<b<a.

4. Conclure par descente. Puisque f(c)=0f(c)=0, nous avons

c2+b2=k(bc+1).c^2+b^2=k(bc+1).

Le couple d’entiers strictement positifs (b,c)(b,c) satisfait donc la même condition de divisibilité et fournit le même quotient kk, qui n’est toujours pas un carré. Mais b+c<a+bb+c<a+b puisque c<ac<a : cela contredit la minimalité choisie. Aucun contre-exemple n’existe ; le quotient est nécessairement le carré d’un entier.

À titre de vérification, (a,b)=(2,8)(a,b)=(2,8) satisfait la condition et donne (a2+b2)/(ab+1)=68/17=4=22(a^2+b^2)/(ab+1)=68/17=4=2^2.

Source de l’énoncé. Olympiade internationale de mathématiques — sujet officiel de 1988, problème 6 (PDF).